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Goa, la sulfureuse

             Curieux destin que celui de cette petite île de Goa. Île paradisiaque bordée de cocotiers, de sables blancs et de lagons, Goa fut conquise par les portugais en 1610 et devint riche en pierres précieuses, en porcelaine, en soierie et en épices. Abandonnée au 17ème siècle pour insalubrité, Goa s'éteint.              Après 450 ans de colonisation portugaise, Goa, envahie par les troupes de Nerhu,  prend son indépendance et devient le plus petit Etat de l'Inde.

            Tolérante, sauvage, paradisiaque, l'île de Goa attire durant les années 60 et 70 les beatnik et les hippies en quête de spirualité orientale. Pourtant l'île de Goa, avec ses nombreux  couvents, ses églises et ses calvaires, avec ses maisons emmanueline ressemble plus à une vieille ville portugaise  qu'à un village indien. Et c'est pourtant là que les occidentaux vont vivre leur rêve communautaire, entre méditation hindou et LSD, dans l'espoir d'un paradis retrouvé. Le mouvement hippies se dispersent et se perd. Goa la sulfureuse demeure et s'assoupit pour se réveiller en sursaut dans les 90 où elle accueille les raves et la techno. 

Moins idéaliste, moins spirituelle, cette nouvelle génération est guidée par un esprit communautaire, un besoin d'abandon et de liberté. Entre musique techno et éctasy, les jeunes se déchaînent durant des heures sur les plages.

Aujourd'hui, Goa s'est assagie, embourgeoisée aussi. Les raves se font plus rares et plus discrètes. On ne va plus à Goa pour s'échapper, se libérer mais pour ses forêt tropicales, sa  gastronomie et ses plages de sables qui s'étalent à l'infini.

 

Imina Nial